2 de marzo de 2017

CfP Material Histories of Time: Objects and Practices, 14th-18th centuries (La Chaux-de-Fonds, Musée international d’horlogerie)

CfP: Material Histories of Time: Objects and Practices, 14th-18th centuries
La Chaux-de-Fonds, Musée international d’horlogerie
November 30 – December 1, 2017

DEADLINE: April 21, 2017
ORGANIZERS: Gianenrico Bernasconi (University of Neuchâtel), Susanne Thürigen (Ludwig Maximilian University of Munich)

French version below

The historiography of timekeeping is traditionally characterized by a dichotomy between research that investigates the evolution of technical devices on the one hand, and research that is concerned with the examination of the cultures and uses of time on the other hand. The former engages with the improvement of clocks and watches’ mechanical movements, the biography of prominent clockmakers, the study of technical knowledge and the organization of production. The latter examines the various forms of temporal organization and coordination, and the ways they became internalized. One of the main consequences of this dichotomy has been the scarcity of studies that take into account the influence of socio-cultural factors on the layout of the technical devices in question. Contributions that conversely investigate cultures and practices of timekeeping through the analysis of objects are equally rare. Besides, the study of pocket watches and clocks consumption initially emerged from questions surrounding the concept of luxury goods while the gestures, practices and social interactions inherent to the use of these material devices have mostly been neglected.

The symposium will aim at contributing to a dialogue between these two approaches by taking table clocks, portable watches, marine chronometers, carriage clocks, tact watches, alarm clocks, bells and hands, etc. as the starting point of a joint reflection that will get specialists of the history of horology together with scholars studying the social and cultural history of time.
A history of time grounded in the study of objects has the potential of opening up new avenues to understanding the processes of innovation and temporal coordination through the encounters between material devices, individuals, knowledge and institutions. Thus, the project will not be concerned with reviewing each step taken towards social modernization by the diffusion of mechanical timekeeping but rather with pondering the diversity of temporalities. Objects allow for a tangible grasp of the ways in which timekeeping structures daily practices of temporal coordination and informs the observation of natural phenomena; they facilitate the comprehension of the relationships between clockmakers and their customers through the exploration of archival records of production and consumption. Objects also draw attention towards the modes in which time has been internalized and conveyed through the investigation of clocks’ shapes and of the images that ornate them, as well as of the visual, sound and tactile devices that signal time.

We expect the symposium to tackle these questions from a long-period perspective, starting with the apparition of the first timekeeping mechanical systems in the Middle Ages, until the premises of industrialization in the eighteenth century. The ways mechanical devices coexist with other techniques of time tracking will be explored; sundials for example are devices with which interactions may create tensions or generate hybridization. Keeping a global perspective in mind will also be useful in grasping the interactions between different cultures and techniques of timekeeping.

Preference will be given to proposals that seek to integrate technical, cultural and social analyses of timekeeping devices and their use, touching upon themes such as the following:

1)      Production and use-value: how is use-value determined and integrated into the conception of watches by clockmakers? How do clockmakers and customers negotiate? How are the usage and properties of watches presented in technical manuals and in the leaflet literature accompanying the marketing of watches?
2)      The watch as sensory object: how do shapes, images, sound systems and carry-on modes convey information about the usage and reception of watches?
3)      Timekeeping and daily practices: how have alarm clocks, pocket watches and table clocks contributed to the establishment of various forms of temporal coordination? In which practices is the use of timekeeping devices noticeable (working, cooking, traveling, administration, etc.) and how have these practices contributed to elaborating “complications” in clock systems?

Abstracts (max. 1000 characters) along with a CV should be sent to gianenrico.bernasconi@unine.ch and susanne.thuerigen@kunstgeschichte.uni-muenchen.de by April 21st, 2017 at the latest. Presentations and discussion will be conducted in French or English. Housing and travel fees will be paid for. The symposium will lead to a publication.

Organizers: Gianenrico Bernasconi (University of Neuchâtel), Susanne Thürigen (Junior Research Group “Premodern Objects. An Archaeology of Experience“, Elite Network of Bavaria / Ludwig Maximilian University of Munich)


CFP : Histoires matérielles du temps : Objets et pratiques, XIVe-XVIIIe siècles
(La Chaux-de-Fonds, Musée international d’horlogerie, 30 novembre – 1er décembre 2017)

L’historiographie de la mesure du temps se caractérise traditionnellement par une dichotomie entre des recherches consacrées à l’évolution des dispositifs techniques et d’autres qui concernent les cultures et les usages du temps. Les premières s’intéressent au perfectionnement des mouvements mécaniques des horloges, des pendules et des montres portatives, à la biographie des grands horlogers, à l’étude des savoirs techniques et de l’organisation de la production. Les secondes examinent les formes d’organisation et de coordination temporelles et leur intériorisation. Une des conséquences majeures de cette dichotomie est la rareté des études prenant en compte l’influence des facteurs sociaux et culturels sur la configuration des dispositifs techniques, ou interrogeant à l’inverse les cultures et les pratiques de la mesure du temps à partir de l’analyse des objets. L’étude de la consommation des montres de poche et des horloges s’est en outre développée autour de la question du luxe, tandis que les gestes, les pratiques et les interactions sociales inhérentes à l’usage de ces dispositifs matériels étaient généralement négligés.

Le colloque entend contribuer à réunir ces deux approches en prenant horloges de table, montres portatives, chronomètres de marine, montres de carrosse, réveils, montres à tact, sonneries et aiguilles, etc., comme point de départ d’une réflexion conjointe entre les spécialistes de l’histoire de l’horlogerie et ceux qui étudient l’histoire sociale et culturelle du temps.
Cette histoire du temps par l’objet est susceptible d’ouvrir de nouvelles perspectives à propos des processus d’innovation ou de coordination temporelle via la mise en relation de dispositifs matériels, d’individus, de savoirs et d’institutions. Il ne s’agit donc pas de restituer les étapes d’une marche modernisatrice du temps mécanique, mais d’interroger la diversité des temporalités. Les objets permettent de saisir concrètement comment la mesure du temps organise les pratiques quotidiennes de coordination temporelle et informe les modes d’observation des phénomènes naturels ; ils permettent de comprendre les rapports entre les horlogers et leurs clients à travers l’analyse des archives de la production et de la consommation, d’attirer l’attention sur les modes d’intériorisation et de communication du temps à travers l’étude des formes des boîtes, des images qui les ornent, et des dispositifs visuels, sonores et tactiles qui signalent l’heure.

Le colloque se propose d’aborder ces questions dans une perspective de longue durée, depuis l’apparition des premiers systèmes mécaniques de mesure du temps au Moyen Âge jusqu’aux prémisses de l’industrialisation au XVIIIe siècle. On explorera aussi la manière dont les dispositifs mécaniques cohabitent avec d’autres techniques de détermination du passage du temps, comme les cadrans solaires, avec lesquels ils peuvent entrer en tension ou générer des hybridations, et on adoptera une perspective globale permettant de saisir les interactions entre les différentes cultures et techniques de la mesure du temps.

Seront privilégiées les propositions associant les analyses techniques, culturelles et sociales des dispositifs de mesure du temps et de leur usage, par exemple autour des thèmes suivants :

1)      Production et valeurs d’usage : comment les valeurs d’usage sont-elles identifiées et intégrées par les horlogers dans la conception des montres ? Comment horlogers et consommateurs négocient-ils ? Comment les propriétés des montres et leurs usages sont-ils présentés dans les prospectus techniques et dans la littérature de consommation qui accompagnent la commercialisation des montres ?
2)      La montre, un objet sensible : comment formes, images, sonneries et modes de portage nous informent-ils sur les usages et la réception des montres ?
3)      Mesure du temps et pratiques quotidiennes : comment réveils, montres de poche et horloges de table ont-ils participé à la mise en place de coordinations temporelles ? Dans quelles pratiques remarque-t-on l’usage de dispositifs de mesure du temps (travail, cuisine, voyage, administration, etc.), et comment ces pratiques ont-elles contribué à l’élaboration des « complications » horlogères ?

Les propositions (max. 1000 signes) accompagnées d’un CV devront être envoyées au plus tard le 21 avril à gianenrico.bernasconi@unine.ch et susanne.thuerigen@kunstgeschichte.uni-muenchen.de. Les communications et les discussions auront lieu en français ou en anglais. Les frais de voyage et d’hébergement seront pris en charge. Le colloque donnera lieu à une publication.

Organisateurs : Gianenrico Bernasconi (Université de Neuchâtel), Susanne Thürigen (Groupe international de jeunes chercheurs « Objets prémodernes. Une archéologie de l’expérience », Elite Network of Bavaria / Université Louis-et-Maximilien de Munich)